L'ONU salue le soutien « essentiel » de la République dominicaine à la force anti-gangs en Haïti
Un navire chargé d'environ 525 tonnes de fournitures, d'armement, de véhicules spécialisés et d'équipements d'appui a quitté le port de Haina, en République dominicaine, à destination d'Haïti, pour les opérations de la Force de répression des gangs. C'est à l'occasion de cette expédition, ce 1er novembre, que Daniela Kroslak, secrétaire générale adjointe des Nations unies et cheffe du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti (UNSOH), a qualifié d'« essentiel » le soutien logistique apporté par le gouvernement dominicain, remerciant Saint-Domingue pour une collaboration qui permet le transfert d'équipements, de fournitures et de personnel destinés aux opérations de sécurité dans le pays voisin.
La cargaison vient du Bangladesh. Son transport maritime a été financé par l'Allemagne, tandis que les autorités dominicaines, en coordination avec les Nations unies, ont facilité les opérations logistiques nécessaires : réception, manœuvres portuaires, puis expédition finale vers le territoire haïtien. À la cérémonie d'envoi, la République dominicaine était représentée par les vice-ministres Rubén Silié et Ramón Pérez Fermín, ce dernier agissant au nom du chancelier Víctor « Ito » Bisonó. Du côté des Nations unies, Dushyant Joshi, du Bureau d'appui de l'UNSOH, était présent, aux côtés de l'ambassadrice d'Allemagne en République dominicaine, Maike Friedrichsen. En saluant le navire, le vice-ministre Pérez Fermín a réaffirmé l'engagement de la République dominicaine à continuer de collaborer avec les initiatives internationales visant à améliorer les conditions de sécurité en Haïti.
Cette opération s'inscrit dans l'engagement pris par le gouvernement du président Luis Abinader de soutenir les efforts de la communauté internationale pour contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité en Haïti, par l'appui logistique nécessaire. Une nuance qui compte : selon la ligne défendue par Saint-Domingue, cette collaboration passe par la canalisation d'une assistance logistique, sans implication directe dans des opérations militaires sur le sol haïtien.
Le contexte donne toute sa mesure à cette annonce. La Force de répression des gangs, déployée pour appuyer la Police nationale d'Haïti face aux groupes armés qui contrôlent de larges pans du territoire, voit son mandat courir jusqu'au 31 mars 2027, avec un objectif affiché de 5 500 hommes. Or une force ne vaut que par sa chaîne d'approvisionnement : sans équipements, sans véhicules adaptés et sans fournitures régulières, les effectifs sur le terrain ne peuvent ni tenir leurs positions ni étendre leur présence. Chaque cargaison qui arrive est donc, pour la force, une condition de son action — et pour la population, un test de plus.
Car c'est bien là que se jouera le jugement des Haïtiens : non pas sur les tonnes expédiées ni sur les déclarations de remerciement, mais sur des résultats concrets et vérifiables. Les routes rouvriront-elles ? Les écoles et les hôpitaux fonctionneront-ils sans la menace des armes ? Les quartiers aujourd'hui sous la coupe des gangs retrouveront-ils une vie normale ? Le soutien salué comme « essentiel » par les Nations unies ne prendra tout son sens que si ces équipements se traduisent, sur le terrain, par davantage de sécurité réelle pour les citoyens qui, depuis trop longtemps, vivent entre les balles et les barricades.
Denès DERAPE — Journalist / Rédacteur
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