Quatre soldats perdus à Santo : l'ONU parle d' enlèvement.


Quatre soldats perdus à Santo : l'ONU parle d' enlèvement.

Dimanche, à Santo 17, dans la commune de Croix-des-Bouquets, un blindé de la Force de répression des gangs roulait avec à son bord quatre techniciens aériens salvadoriens de la Task Force Libertad II. Le véhicule a été pris dans une embuscade : des centaines de balles et des explosifs, selon ce qu'a décrit l'ambassadeur américain à l'ONU. Le blindé a pris feu. Les quatre hommes ont fui le véhicule en flammes, à pied, au milieu des combats.

Depuis, plus aucun contact.

Lundi, devant le Conseil de sécurité à New York, le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a condamné « cet enlèvement » et exigé la libération « immédiate et sûre » des quatre militaires. Le mot est fort, et il a été choisi : pour l'ONU, ces hommes ne sont plus seulement « portés disparus », ce sont des otages.

L'ambassadeur américain Mike Waltz, lui, s'est adressé directement aux disparus : « Nous croyons que les quatre hommes ont survécu, mais ils restent portés disparus. Nous vous ramènerons chez vous. » Il a aussi averti les gangs : s'en prendre à la force internationale serait une « terrible erreur ».

Comment ces quatre techniciens se sont-ils retrouvés là ? Selon Le Nouvelliste, ils cherchaient un supermarché à l'aide de Google Maps, sans avoir prévenu la Police nationale, et se seraient trompés de direction — droit vers Santo 17, une zone contrôlée par les groupes armés. L'embuscade est attribuée par des sources locales à la bande dite « Chen Mechan ». Aucun bilan humain officiel n'a été communiqué, et les recherches se poursuivent, compliquées par les combats dans le secteur.

L'attaque n'est pas un fait isolé. Devant le Conseil de sécurité, le représentant spécial de la force, Jack Christofides, a donné un chiffre qui résume la dégradation : les incidents hostiles contre la force sont passés de 2 à 15 en un mois. « Les gangs testent la force », a-t-il dit, en reconnaissant que ses hommes « ne peuvent pas être partout à la fois ».

Pendant que les diplomates parlent à New York, quatre familles au Salvador attendent un coup de téléphone. C'est aussi ça, la réalité de cette force déployée pour appuyer la police haïtienne : des soldats étrangers pris dans une guerre qui n'est pas la leur, et dont personne, à cette heure, ne peut dire comment elle finira pour eux.

Derape Post, La vérité, sans position.


Denès DERAPE
Journalist / Rédacteur
 

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