MISE À JOUR — Espagne : au moins 64 morts dans la collision de trains près de Tolède
Ce mercredi 28 octobre, vers 8 h 55 du matin, un train AVE de la compagnie Renfe a percuté par l'arrière un train Iryo à l'arrêt sur la voie, à hauteur de la gare d'Urda, dans la province de Tolède, au sud de Madrid, sur la ligne à grande vitesse qui relie la capitale espagnole à Séville. Le bilan provisoire fait état d'au moins 64 morts et de 80 blessés, dont 50 graves et 15 très graves. Il s'agit déjà de l'une des pires catastrophes ferroviaires qu'ait connues l'Espagne.
Ce bilan actualise celui annoncé ce matin, qui faisait état d'au moins 50 morts et de 179 blessés selon les premiers bilans de presse.
Selon la délégation du gouvernement en Castille-La Manche, 40 des victimes voyageaient dans le train Iryo et 24 dans le train AVE. L'Iryo 6076 transportait 146 passagers et un bébé, tandis que l'AVE 2080, parti de Madrid à 8 h 00, en transportait 397. Sous la violence du choc, deux voitures de l'Iryo ont déraillé et dévalé un talus, et plusieurs voitures de l'AVE ont également quitté les rails.
Sur place, les pompiers achevaient en fin de matinée le dégagement des corps, épaulés par une centaine de militaires de l'unité d'urgence, des ambulanciers, des policiers et des agents de la Guardia Civil, tandis que des hélicoptères survolaient la zone. Les routes d'accès ont été coupées pour faciliter le travail des secours et l'évacuation des victimes. Des centres d'accueil pour les familles ont été ouverts à la gare d'Atocha, à Madrid, et à Séville. Renfe a mis à disposition le numéro 900 10 10 20, et Iryo le 655 28 69 75, pour les personnes touchées et leurs proches.
Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, en route vers Urda, s'est dit « consterné » et reste en contact constant avec le ministre des Transports, Óscar Puente, et le président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, qui craint que le nombre de victimes ne s'alourdisse encore. Le roi Felipe VI a déploré « une terrible tragédie ». Le gouvernement et les partis politiques ont annulé leur agenda de la journée.
Le gestionnaire du réseau, Adif, a suspendu la circulation des trains à grande vitesse entre Madrid et l'Andalousie. Plus d'une centaine de trains sont affectés par cette coupure, et aucune prévision de reprise n'a été annoncée pour le moment.
Sur les causes du drame, l'enquête n'en est qu'à ses débuts. Des sources officielles du ministère des Transports évoquent la piste de l'erreur humaine, mais les circonstances exactes de la collision restent à établir. Le drame survient moins d'un an après celui d'Adamuz, en Andalousie, le 18 janvier dernier, qui avait fait 46 morts et impliquait, là aussi, un AVE et un Iryo — et en pleine campagne pour les élections législatives du 29 novembre.
Denès DERAPE — Journalist / Rédacteur
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