Élections 2026-2027 ( Haïti )


Martelly candidat à la présidence :”le décret qui a tout débloqué”.

Michel Martelly est de retour dans l'arène. L'ancien président s'est inscrit en ligne le 16 octobre comme candidat à la prochaine présidentielle, sous la bannière DEBLOKE, l'ex-PHTK rebaptisé. Son dossier complet a ensuite été déposé au Conseil électoral provisoire. Il est le seizième à se lancer officiellement, et les dépôts restent ouverts jusqu'au 31 octobre.

Ce retour n'a rien d'un hasard de calendrier. Le 6 octobre, une troisième révision du décret électoral a discrètement fait sauter deux verrous de l'article 153 : l'exigence du certificat de la BRH, et surtout l'inadmissibilité des personnes sanctionnées par l'ONU, le Trésor américain ou des gouvernements étrangers.
Depuis cette révision, une personne sanctionnée peut s'inscrire librement. C'est par cette porte que la candidature Martelly est passée.

Et c'est précisément là que le débat s'enflamme. Pierre Espérance, du RNDDH, a publiquement mis en garde le CEP : valider cette candidature, dit-il en substance, et l'institution devra en assumer les conséquences. Rappel des faits : Michel Martelly est visé par des sanctions américaines, canadiennes et européennes. Les motifs invoqués par ces gouvernements — corruption présumée, narcotrafic, financement de gangs — sont des allégations. L'ancien président les conteste, et la présomption d'innocence s'applique.

Reste que le CEP se retrouve au centre d'une équation impossible : appliquer un décret qui autorise, face à une opinion et à des organisations de droits humains qui s'y opposent. La validation des dossiers est en cours.

Pendant ce temps, le pouvoir affiche sa détermination à tenir les élections. Ce samedi même, lors de la commémoration du 220e anniversaire de la mort de Dessalines au Palais national, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé une enveloppe de 120 millions de dollars pour le processus électoral, avec un plan sécuritaire à l'appui : 4 000 policiers formés par an et 15 000 soldats sur trois ans.

Seize candidats, un décret qui divise, un CEP sous pression et un calendrier qui avance : la course présidentielle haïtienne ne fait que commencer, et elle s'annonce mouvementée.



Denès DERAPE
Journalist
 

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