Haïti : 450 militaires salvadoriens désormais déployés, la plus grande mobilisation pour retrouver les quatre techniciens disparus
Un nouvel avion transportant une centaine de soldats a atterri dans la soirée du vendredi 23 octobre à Port-au-Prince, portant à 450 le total des militaires salvadoriens déployés en Haïti. C'est la plus importante présence militaire salvadorienne dans le pays depuis le début de cette crise, et elle a un seul objectif affiché : retrouver les quatre techniciens de la Force de répression des gangs portés disparus depuis six jours.
Pour comprendre cette mobilisation, il faut revenir au dimanche 18 octobre à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. Ce jour-là, le véhicule blindé des quatre techniciens de l'aviation salvadoriens — membres du contingent salvadorien de la force internationale, chargés notamment des évacuations médicales — a été attaqué par des individus armés, puis incendié. Les quatre hommes ont réussi à fuir le véhicule en feu, avant que tout contact ne soit perdu avec eux. Depuis, les recherches n'ont rien donné, et aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.
C'est dans ce contexte que le déploiement s'est accéléré cette semaine. Parmi les 450 militaires désormais présents, 200 membres des forces spéciales sont arrivés en deux vagues : 100 jeudi 22 octobre, puis 100 autres dans la nuit de vendredi. Les autres font partie du contingent salvadorien déjà présent dans le pays dans le cadre de la force internationale. Le déploiement s'accompagne d'un soutien logistique américain : trois avions ont atterri à Port-au-Prince le 23 octobre, dont un C-130 fourni par le Pentagone. Aucun soldat américain ne participe toutefois aux opérations sur le terrain.
L'impact de cette mobilisation se mesure déjà sur le terrain. Les opérations se concentrent autour de Croix-des-Bouquets, où les forces de sécurité font face à des tirs nourris, et la pression s'accentue sur les gangs de la zone. Le président salvadorien, qui avait annoncé une opération pour retrouver ses compatriotes et lancé un ultimatum aux gangs, a réaffirmé vendredi sa détermination. De son côté, le chef du gang 400 Mawozo a répondu par une vidéo dans laquelle il exhibe de grandes quantités de munitions. Reste une question posée par cette montée en puissance : celle du commandement exact de ces renforts au sein de la force internationale, dont le mandat vient du Conseil de sécurité de l'ONU.
Autre développement important : les restes humains remis vendredi à l'aéroport ne sont pas ceux des quatre hommes, a affirmé le président salvadorien samedi soir, après l'annonce de la découverte de quatre corps présumés. Les quatre techniciens restent donc portés disparus, et chaque jour qui passe alourdit l'attente de leurs familles comme la pression sur les autorités des deux pays. Le gouvernement haïtien avait fait de leur libération une « priorité absolue ».
Denès DERAPE — Journalist / Rédacteur
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