« Dieu nous accordera la victoire » : Bukele répond à ceux qui annoncent son échec en Haïti
Le président du Salvador, Nayib Bukele, a réagi ce vendredi aux analyses et commentaires qui doutent de la mission salvadorienne en Haïti. Dans un message publié sur son compte X, il énumère lui-même les avertissements qui circulent : les gangs d'Haïti ne seraient pas comme ceux du Salvador, ils seraient sanguinaires et lourdement armés, personne n'aurait réussi à les vaincre, toutes les missions auraient échoué, et le Salvador serait en train de tomber dans un piège, droit vers sa ruine, vers son « Waterloo ».
Le message répond notamment à un texte intitulé « Bukele et son Waterloo ? », qui estimait très minces les chances de retrouver vivants les quatre techniciens salvadoriens disparus depuis le 18 octobre à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. Bukele rejette ce pronostic d'échec et prévient que ses détracteurs changeront de discours le jour de la victoire : « Ils diront que ce fut toujours facile, que n'importe qui pouvait le faire, que les gangs d'Haïti n'étaient pas si dangereux qu'on le pensait. » Et il tranche : « Bref, nous ne les avons jamais écoutés et nous ne allons pas commencer maintenant. »
Le chef de l'État place ensuite la mission sur le terrain de la foi. « Tous ceux qui se sont enrôlés sont des croyants et nous avons confié cette mission à Dieu », écrit-il, qualifiant de son côté les gangs d'Haïti de « sataniques » et les accusant de pratiquer des sacrifices humains. Il conclut son message par une citation biblique, Deutéronome 28:7 : « L'Éternel déroutera tes ennemis qui s'élèveront contre toi ; ils sortiront contre toi par un chemin, et ils fuiront devant toi par sept chemins. »
Cette sortie intervient alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les quatre techniciens d'aviation salvadoriens, membres du contingent Libertad II de la Force de répression des gangs, dont le véhicule blindé a été attaqué puis incendié le 18 octobre alors qu'ils étaient sortis s'approvisionner. Cent soldats des forces spéciales salvadoriennes sont arrivés jeudi en Haïti pour appuyer les opérations de recherche, et le président avait déjà averti les chefs de gangs que l'attaque de cette semaine n'était « rien comparée à ce qui arrivera » si les quatre hommes ne revenaient pas vivants. À ce stade, aucune nouvelle officielle n'a été donnée sur leur sort.
Denès DERAPE — Journalist / Rédacteur
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